Figures Historiques

Saint Benoît
Saint Bernard Tolomeï
Sainte Françoise Romaine

Saint Benoit

«Écoute, ô mon fils…» Qui est l’homme qui peut parler ainsi à un autre homme ? Benoît, qui s’est retiré du monde, qui s’est retiré en lui-même, seul sous le regard du Suprême Témoin, pour vivre de la bénédiction –c’est son nom : Benedictus– placée sur chaque homme par la Parole du Père Éternel.

Benoît accueille alors des frères qui veulent, comme lui, revenir au Père par le labeur de l’obéissance monastique : car il y en a Un (qui est le Seigneur et le compagnon de route du moine) qui a fait ce chemin d’obéissance pour nous.

Jésus donne à tout homme qui se lève pour répondre à l’appel, l’Esprit qui fera de lui un fils aimant du Père et un frère obéissant à ses frères, pour que se révèle sur terre la puissance de communion que Dieu s’est plu à accorder aux humbles et aux petits dans le Christ ressuscité.

Le chemin de Benoît a un cadre : le monastère. Des lieux : l’oratoire, la Bible et l’atelier. Une durée : la vie ! Comment en serait-il autrement, puisqu’à cette école du Seigneur ne devenons-nous pas fils et frères, de la vie même de Dieu ?

L’abbé est le garant devant Lui de cette obéissance monastique qui nous conduit, sous la houlette de la Règle léguée par Benoît, vers l’Unique Père de tout homme, Celui qui dit à chacun : «Tu es mon fils bien-aimé. Écoute…»

Saint Bernard Tolomei

Un rêve de briques et de fresques, dans la grâce de l’architecture italienne, dans l’austérité d’une retraite boisée, coupée de la Toscane de charme par des ravins calcaires.

L’abbaye de Mont-Olivet est le fruit d’un autre rêve. Celui d’un citoyen de Sienne épris de solitude et de consécration à Dieu, dans l’Italie du XIVème siècle.

Bernard Tolomeï quitte sa ville natale, sa famille, sa renommée, et part. Il emporte avec lui la Règle de saint Benoît, des charrues pour travailler de ses mains, et des livres pour étudier.

Au pluriel. Car Bernard ne part pas seul, il emmène avec lui des frères, qui font avec lui ce rêve : bâtir la maison de Dieu. Un corps unique de frères –Unum corpus– chacun établi dans le mystère de sa solitude devant Dieu, et réunis pour célébrer la douceur d’une fraternité fondée sur ce seul désir que Bernard reconnaissait en son cœur : obéir à ses frères.

C’est ainsi qu’un nouveau Père dans la vie monastique était né, qui «accueillera» au XIXème et XXème siècles, des quatre coins du monde, des frères venant recevoir de lui le sceau de cette authenticité monastique qui, pour se conjuguer sous des modes bien divers, se reconnaît toujours par un esprit de famille que Bernard a scellé dans la simplicité de sa démarche monastique et la force d’un Unum corpus qui puise dans la Règle de Saint Benoît ses règles de vie et de développement.

Sainte Françoise Romaine

Qu’est-ce qui peut présider à la réunion d’hommes et de femmes, de moines et de moniales pour prier ensemble ? Quand Dom Hippolyte reçoit Françoise Ponziani et ses compagnes dans «l’oblation bénédictine», en l’église de Sainte-Marie-la-Neuve à Rome en août 1425, entouré de sa propre communauté monastique olivétaine, il ne sait pas que cet acte d’Église et l’intuition qu’il scelle conduiront à une «alliance de prière» où l’Église reconnaîtra son propre visage.

Quelle intuition et quel visage de l’Église ? Avec Françoise, dite Romaine pour avoir bien servi et aimé son peuple, tout commence par son contraire : elle veut être moniale et connaît le mariage ; elle cherche la paix monastique et doit veiller non seulement sur sa propre maison mais aussi sur la «Maison-Église» déchirée par les factions ; elle réunit des compagnes dans le service des pauvres et des misères les plus concrètes et découvrent avec elles dans ce service le sens d’une oblation bénédictine qui orientera vers la fondation d’un monastère ; elle voit aboutir une vie de prière, de méditation de l’Écriture et de formation bénédictine dans cette fondation fort combattue, ne rêve que d’y prendre la dernière place quand la mort de son mari la libère des obligations familiales… et elle se retrouve à la première place, consacrée et reconnue par les siennes, par le Pape, par la Ville, par l’amour et la fidélité de ses frères et pères spirituels bénédictins qui l’auront soutenue tout au long de ce chemin de consécration à Dieu et à l’Église, à la paix de l’Église.

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Quel est le secret de cette femme, sinon cet amour du Christ servi dans un lien à une communauté monastique masculine où Françoise a mis tout ce qu’elle avait d’intuition féminine et de sens de l’intériorité pour recevoir à son tour, dans ce don d’elle-même au Christ, cette force de servir les autres, tous les autres, quel que soit le visage que les événements donnaient à cette oblation ?

Elle a «respiré» cette force d’âme dans l’esprit de saint Benoît. Elle a posé les bases d’une union d’hommes et de femmes dans la prière qui devait conduire à reconnaître dans cette joie du don, commune aux uns et aux autres, le secret du mouvement qui attire toute l’Église vers son Seigneur.

Elle a donné une vivante image de l’Église à ceux et celles qui voudraient bien, à sa suite, s’asseoir à l’ombre du Bien-Aimé pour comprendre ce qu’est l’Amour.

Pourquoi fallait-il une femme pour nous enseigner cela ? La réponse est dans la question.

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